L’assainissement : révélation des gâchis locaux.

Publié le par DESIR A Poncins

L’assainissement : révélation des gâchis locaux.

Lors d’une précédente édition, celle du 20 juillet 2016, nous avions listé les points remarquables du rapport sur l’assainissement (RPQS) 2015, accompagnés de quelques réactions en commentaires. Ce rapport a été mis en réseau par la mairie, et il y fait référence systématiquement.

Aujourd’hui, voici une analyse un peu plus détaillée. Remarque préalable, l’absence du rapport sur l’eau 2015, nous oblige à quelques gymnastiques d’approximation, mais ne change rien sur le fond.

 

D’abord, il est inhabituel qu’un rapport soit sanctionné par une note. C’est ici le cas. Volonté du Service des Eaux par son Observatoire l’ONEMA (instance nationale), elle positionne le service (à Poncins c’est la mairie) sur le plan de la qualité et n’a donc rien d’anodin. La note est de 10 sur 120 (page 10 du rapport). Pas de quoi pavoiser. Bien sûr, on pourra toujours ergoter sur la pertinence des indicateurs. Ils révèlent néanmoins une absence quasi-totale du descriptif réseau et des procédures de maintenance.

10 sur 120 ! Cette note ne doit rien au hasard. 0€ en dépenses réalisées en 2015 et 0€ prévu en 2016.

10 sur 120 : Sésame de transfert des compétences au sein de la future communauté ? (la loi NOTRE le prévoit en 2018). Il est à craindre que ce ne soit pas suffisant. Alors, comme pour le réseau d’eau qui a nécessité une augmentation du tarif de 20% pour le consommateur et atteindre 69% des ressources de la SAUR, comme pour l’adressage, figure imposée pour la venue de la Fibre Optique, comme pour l’accès aux handicapés aux conséquences démoniaques à la maison communale, … cette fois encore, le forceps s’imposera. Et ça finit par faire très mal !

C’est d’autant plus regrettable que la documentation a été initiée en 2007. Pour la réalisation du PLU. Elle est détaillée et répond sensiblement aux questions du RPQS. Sauf qu’elle n’a pas été actualisée. Et une documentation non maintenue ne vaut rien. Ce gâchis documentaire, il faudra le récupérer dans le temps car il contribue au développement d’ambiguïtés, d’anomalies et de situations conflictuelles. D’ailleurs, il s’inscrit dans un projet documentaire plus vaste, celui du territoire public incluant tous les réseaux : l’eau, l’assainissement, électrique, téléphonique, fibre optique, voirie, ….

 

Ce résultat n’est pourtant pas la conséquence d’un handicap financier. Au contraire. Les comptes du budget assainissement affichent près de 250 000€ d’excédent pour l’année 2015. La dette est, toujours en 2015, de 272 000€ (page 12). La délibération N°1 du CM du 25/10/2011: « l’emprunt de 300 000€ sur une durée de 25 ans afin de financer les travaux de construction de la station d’épuration des eaux usées », en est la cause. Elle appelait ce commentaire de notre chronique du 06/11/2015 : « Les besoins sont de 100 000€. Du coup, on se trouve avec un reliquat de plus de 200 000€ sur le budget assainissement ». Ces 200 000€ croupissent dans le « Bas de laine ». Au bout du compte, les intérêts payés ces 3 dernières années pour l’assainissement sont de 40 000€. Cette gestion est celle de décideurs qui ne connaissent qu’une seule logique, celle relevée au CM du 14 octobre 2009 : « il est logique (!!) de conserver la trésorerie disponible et de réaliser un emprunt dont la durée sera équivalente à l’amortissement prévisible de l’investissement ». Ce qui est logique pour les uns est une hérésie pour le bon gestionnaire. Cette logique a coûté 40 000€ d’intérêts ces 3 dernières années. Moitié moins pour le remboursement de capital. Un gâchis financier dont le consommateur fait les frais. Et ce n’est pas terminé.

 

Ce n’est pas terminé car les redevances sont en augmentation de 1 à 1,4% (page 8). Pourquoi faire ? Le résultat fin 2015 est excédentaire de quelques 8 000€ et il n’est pas prévu plus de travaux en 2016 qu’en 2015. Ni en travaux neufs, ni en maintenance (page 12). Alors, pourquoi cette augmentation ? Soigner le « Bas de laine » ? En 2015 l’assainissement l’a gonflé de 8 000€. Ce sera un peu plus cette année. On lui promet de beaux jours. Quant-au réseau, il attendra. Jusqu’à ce qu’il tienne sa revanche. Avec pertes et fracas. Un gâchis technique déjà connu avec le réseau d’eau potable et qui se traduit inévitablement par une augmentation substantielle de la facture.

 

En 2014, le volume facturé était de 16 675m³ en 2014 (page5). Uniquement pour Poncins. Rapporté au total de la zone desservie, cela fait 37 300m³ distribués aux habitants (Poncins et Cleppé). Durant le même temps, le volume produit est de 127 360m³. 70% du volume produit n’est pas à destination des habitants. 70% qu’il faut néanmoins payer. Qui paye ? Le consommateur, c’est sûr. Il paye le volume consommé ou le volume produit ? Evidemment le coût n’est pas le même si la station produit 127 mille m³ ou si elle produit 3 fois moins. Et ce n’est pas le cadeau fait aux consommateurs de plus de 100m³ par an (page 7) qui change fondamentalement la donne. Encore que, …. Au-delà de 100 m³, c’est gratuit ! Ce cadeau n’est rien d’autre qu’un encouragement à la consommation. Ce cadeau est un gâchis environnemental qui banalise l’eau comme ressource inépuisable alors qu’elle est aujourd’hui unanimement reconnue comme un bien précieux à préserver.

 

Cette analyse sur ce: « Rapport annuel sur le Prix et la Qualité du Service public de l’assainissement collectif » met en évidence une accumulation de gâchis : financier, technique, documentaire et environnemental auquel s’ajoutent gâchis pédagogique et gâchis humain. Rappelons que ce rapport de 14 pages a été examiné en réunion de Conseil Municipal en juillet 2015. Il aura fallu 3 minutes pour le distribuer en séance et le voter à l’unanimité.

Publié dans Au FIL du Lignon

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