"Il a été décidé ..."

Publié le par DESIR A Poncins

« Il a été décidé de transformer le préau » : ce serait « le plus simple »

 

L’heure est aux révélations. Pas toujours volontaires. L’Echo du Lignon, Bulletin Municipal de Poncins, celui de février 2017, n’échappe pas à la règle. Le « Mot du maire » en distille quelques-unes qui ont valeur d’enseignement. En particulier l’école, valeur noble par excellence puisque c’est elle qui détermine l’avenir de nos enfants. Alors, laissons parler nos élus. Les comptes rendus de conseil municipal sont là pour cela. En voici la genèse. De façon exhaustive.

 

27 juin 2016:

« lecture du courrier … des parents d’élèves délégués concernant la hausse des effectifs à la prochaine rentrée scolaire et des conditions d’enseignement et d’accueil. Une réunion est prévue afin d’aborder ces différents sujets ».

12 septembre 2016 :

« Le CM est informé de la situation de l’avancement du plan d’adressage et de la situation des locaux scolaires » en dehors du déroulement de la réunion.

26 octobre 2016 : Rien

14 décembre 2016 :

« Choix de l’architecte pour le projet d’extension de l’école.

Monsieur le maire présente la proposition d’honoraires de Madame Troncy, architecte à Vougy, pour la mission de maîtrise d’œuvre pour l’extension de l’école.

Ces honoraires sont de 10,5% HT des montants de travaux.

Le conseil municipal, à l’unanimité, accepte de confier cette mission à madame Troncy. Délibération 14-12-2016 – N°1 »

26 janvier 2017 :

4. Dotation des Equipements des Territoires Ruraux (DETR) pour l’agrandissement de l’école

Le conseil municipal décide de solliciter une subvention au titre de la DETR pour le projet d’agrandissement de l’école. Délibération N° 26-01-2017 - 4

 

A plusieurs reprises, nous avons dénoncé la posture des élus qui, comptes rendus de CM à l’appui s’arrêtent aux détails, oublient l’essentiel et maintiennent la population dans une ignorance d’ensemble qui ne doit rien au hasard. Les Poncinois savent que le CM a décidé de solliciter une subvention pour l’agrandissement de l’école. C’est écrit. Ils savent aussi que c’est aussi au titre de la DETR. Ils savent encore qu’il y a projet. Oui, la subvention, c’est « pour le projet d’agrandissement de l’école ». Ce saupoudrage de détails ignore tout du projet. Quel projet ? Notre chronique du 27 octobre présentait quelques scenarii imaginables. Les réunions de CM : Rien ! Rien pour les Poncinois, le corps enseignant et les parents d’élèves. Silence radio. L’essentiel est pourtant là.

 

Le Bulletin Municipal allait-il lever le voile ? Rendez-vous à « Le mot du maire » de février 2017: « il a été décidé de transformer le préau en salle de classe et de créer 2 nouveaux préaux (un dans chaque cour) ». C’est décidé ! Information capitale. Mais, la forme passive de la rédaction ne désigne pas le décideur. Qui a décidé ? Une chose est sûre, ce n’est pas le conseil municipal ! « Il a été décidé » : sur quels critères ? Par qui ?

 

Une façon de faire qui évite de trop impliquer les décideurs. Heureusement, il y a la presse. Oui, la presse ! Son édition du 15 septembre : « Les élus évoquent la transformation du préau en salle de classe ». EN GROS TITRE. S’en suit tout un développement. La « … directrice de l’école municipale a émis l’idée de transformer le préau de 70 m² en salle de classe». Heureusement qu’il y a la directrice d’école ! Le maire, lui, « a fait remarquer qu’il « est utilisé pour d’autres activités que du scolaire (heureusement qu’il y a le préau pour les autres activités que scolaires), mais on peut imaginer un nouveau préau. (Heureusement, l’imagination ne fait pas défaut). Une extension du côté du parking classé en zone naturelle, nécessiterait une modification du PLU, ce qui n’est pas gagné. (Heureusement que ce raisonnement n’a pas été tenu pour la salle communale. On a dû l’oublier. Le PLU a été modifié pour l’ajuster au projet). Transformer le préau en salle de classe serait le plus simple (!!)». Le plus simple !! Nous y voilà. Et c’est le maire qui parle. Voilà ce qui est proposé pour nos enfants : le plus simple. On eût pu imaginer le top, le meilleur de la réflexion. Ce sera le plus simple. Ces propos tenus par le maire sont difficilement contestables, sinon il y aurait eu démenti. D’ailleurs, durant le même temps voilà ce que dit le compte rendu de réunion du CM : « Le CM est informé de la situation de l’avancement du plan d’adressage et de la situation des locaux scolaires ». Une forme passive (encore) pour l’école en dehors de l’ordre du jour, en dehors des questions diverses et en dehors du déroulement de la réunion. Nos sources : le Bulletin Municipal de février 2017 page 6. Que la présentation entre compte rendu de CM et presse ne soit pas identique. On peut comprendre. Que les textes soient contradictoires, et sans réaction, c’est fâcheux !

 

Poursuivons l’exploration et rendons nous au CM du 26 janvier 2017. La presse révèle : « le projet de création d’une classe de 50m² de l’architecte a été présenté lors de la dernière réunion du Conseil Municipal ». La comparaison avec le compte rendu du CM, est vite faite. Il n’en fait nullement état.

 

La démonstration est ainsi faite que :

  1. L’ordre du jour du CM

    1. Il doit annoncer les questions à traiter. Celles de la commune. Pour 2016, nous en avons fait une compilation dans nos colonnes le 17 janvier 2017. Jugez-en.

    2. Il n’est pas toujours respecté. « La Dotation d’Equipement des Territoires Ruraux (DETR) pour l’agrandissement de l’école » le 26 janvier 2017 n’était pas inscrite.

  2. Les délibérations et sujets traités en CM

    1. Le Conseil Municipal délibère sur des questions subalternes comme le choix d’un architecte, une demande de subvention, ….

    2. Les questions de fond comme l’avenir de l’école sont absentes.

    3. Parfois le CM délibère sur des questions non inscrites à l’ordre du jour. Voir le paragraphe précédent.

  3. Les comptes rendus de CM

    1. Ils répondent aux exigences de l’administration. A celles de nos concitoyens ?

    2. Ils ignorent « tout » de l’essentiel. Pas de débat. Pas d’alternative. Pas d’orientation. Quelle vision à moyen ou long terme ?

    3. Les questions diverses ont abandonné la formulation : le CM « prend connaissance de ». Il prend. Et il rend ? Nous avons été entendus. Il ne prend plus. Pas sûr que ce changement de forme change l’esprit. Ex. : la pétition évoquée le 14 décembre 2016 : répond-elle à l’exigence de transparence ?

    4. Des modifications de délibération sans délibération nouvelle, cela arrive. Ex. : Budget 2015 (nous nous en sommes fait l’écho dans nos colonnes).

  4. Les autres réunions

Elles ne donnent jamais lieu à compte rendu (ou que très exceptionnellement) : mise en place de la réforme sur les rythmes scolaires, les TAP, le projet EAGB, … Pas de compte rendu, pas de relevé de décision, pas de formalisation en dehors des exigences administratives.

  1. Le Bulletin Municipal

    1. Est avant tout un album photos.

    2. « Le mot du maire » reprend (encore !) les mêmes annonces. Ex. : le CoCA pour la 9ème fois consécutive.

Que valent les promesses qui y sont faites ? En 2010, il y eut la réfection des ponts

    1. Pour les questions essentielles comme l’école, « le mot du maire » s’empare des décisions qui ont été annoncées par la presse.

    2. Contient tous les comptes rendus de CM.

  1. La presse

    1. C’est elle qui annonce les « grandes » décisions ; celles qui engagent la commune et qu’on ne trouve pas dans le compte rendu du CM. Le maire confirme ensuite dans le Bulletin Municipal.

    2. Les erreurs, quelles qu’en soit l’origine, sont imputables à la presse.

    3. Ses silences sont éloquents. Ex. : l’augmentation de 80% en 1 année des recettes de l’entreprise gestionnaire de l’eau

 

Cette démonstration s’applique à l’agrandissement de l’école. Elle se vérifie avec l’autre grand chantier de ces dernières années : la salle des fêtes.

 

Cette dichotomie entre la municipalité et la presse n’est qu’apparente. Elle est l’aboutissement d’un système bien huilé, où esquive et opacité sont les fards de l’image qu’on veut imposer mais qui s’avère virtuelle. Il suffit de gratter un petit peu pour que le vernis s’écaille. Masque et vérité finissent par s’imposer.

 

Comment en est-on arrivé là ? D’abord, le temps laissé au temps. Certains l’appellent expérience. Peu importe son nom. Il s’agit de biaiser la séparation des pouvoirs. Le pouvoir des médias et le pouvoir de l’élu. Rappelons à toutes fins utiles que le représentant de la presse locale est membre, à part entière, de la commission municipale « Information ». Exception totalement poncinoise. Il y a des hasards qui n’en sont pas.

 

 

 

Publié dans Au FIL du Lignon

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