Gestion financière de la commune de Poncins sous influence de théorie.

Publié le par DESIR A Poncins

La gestion financière des communes se caractérise par son système de gestion. Certaines, les plus nombreuses, pour avoir anticipé l’évènement, privilégient l’emprunt. Elles sont endettées, parfois surendettées. D’autres, moins audacieuses, s’en remettent à l’autofinancement. Et puis, il y a les marginales. Celles qui se fient à l’instinct. Pour le meilleur ou pour le pire.

 

En 2007, la gestion financière de la commune Poncins pouvait se féliciter de résultats satisfaisants : endettement modéré et fonds propres (réserves financières) raisonnables. Deux ans plus tard, c’est le pire qui s’affiche. Les fonds propres s’emballent. Nous les avons qualifiés de « Bas de laine » tant ils ont flirté avec le million d’euros. Les emprunts obéissent à de nouvelles règles. Aveuglément. Leurs niveaux dépassent largement la moyenne nationale.

 

Pourquoi cette situation ? Pourquoi cette dérive ?

Laissons la parole au maire: « Julien Duché explique que s'agissant d'un lourd investissement dont la durée probable d'utilisation sera d'une quinzaine d'année, il est logique de conserver la trésorerie disponible et de réaliser un emprunt dont la durée sera équivalente à l'amortissement prévisible de l'investissement». C’est la réponse du maire à un conseiller municipal : compte rendu officiel de la réunion de CM du 14 octobre 2010. C’était au temps où les conseillers posaient des questions. L’emprunt était de 30 000€ (pour la rénovation de 2 salles de classes !!).

 

Mais les temps changent. De réplique, il n’y en a plus. Pas de question, pas de réponse. Le théorème de l’investissement lourd inventé par le maire de Poncins fait son œuvre. Les intérêts ont été oubliés mais eux, ne s’oublient pas. 48 721€ en 2016 et 150 803€ depuis le début de ce mandat (en 2014). 150 000€, c’est ce qu’a couté cette fameuse théorie ; car pratiquement tous les emprunts pouvaient être évités. L’économie eût été de 150 000€ en 3 ans. Ce n’est pas fini. A la fin du mandat, en 2020, elle aura doublé.

Par ailleurs, certaines communes ont eu l’intelligence de renégocier leurs emprunts. Poncins : non. De quoi renouveler le sourire des banquiers.

Les Poncinois eux, mettent la main à la poche. Ils remplissent leur tonneau des Danaïdes percé à coups de théorème des investissements lourds et de leur logique. S’en suit une fuite qui gonfle, qui gonfle exagérément les flots du Lignon, engloutissant du coup les milliers d’euros d’intérêts, conséquence du théorème. Le phénomène est observable depuis le pont. Dans ces remous, des milliers d’euros se mêlent aux promesses pour ses ponts. Sous les ponts de Poncins coulent les promesses !…. Ne restez pas trop longtemps sur ces ponts, on ne sait jamais !

 

En 2016, le Bas de laine s’élève à 853 751,01€. Une telle somme en sommeil depuis 2009 ne peut-être sans conséquence. L’érosion monétaire veille, discrètement et agit, sûrement par dépréciation du capital et diminution du pouvoir d’achat. Elle pourrait approcher les 150 000€. Nous avons déjà démontré ce phénomène dans une édition antérieure.

Rapporté au nombre d’habitants, chaque Poncinois a versé :

850€ pour gonfler le Bas de laine,

150€ d’intérêts versés aux appétits gloutons du Lignon (en 3 ans),

150€ dépréciation du capital liée à l’inflation.

Soit, au total plus de 1000€

 

Toujours rapporté au nombre d’habitants, mais cette fois au niveau national, la cagnotte épargne serait supérieure à 50 milliards d’euros pour les collectivités locales. Si cela était, ça ferait du bruit. C’est évidemment bien loin d’être le cas. La démonstration est ainsi faite que ce système de gestion à Poncins est certes original, mais n’a rien d’académique, et encore moins de logique.

D’ailleurs, à ce stade, la diminution des dotations de l’état n’auraient été que pure formalité. Celle qui valut du maire de Poncins cette résolution solennelle : « il va falloir faire économies ». L’intention était louable. C’était au début de l’année 2016. Résultat : les dépenses d’exploitation augmentent de 7,5% et malgré cela, le résultat de l’année se traduit par un bénéfice de 53 000€. Qu’est-ce qui fait qu’un résultat est positif quand les dépenses elles-mêmes augmentent ? Réponse : les recettes. Mais les dotations de l’état sont elles-mêmes en baisse. Alors ? …

Alors, il n’y a pas de mystère : reste le montage du budget.

Rappelons que la loi impose le respect de 2 règles :

  • L’équilibre des recettes et des dépenses dans chaque section

  • La sincérité entre dépenses qui ne doivent être ni surévaluées ni sous évaluées

 

850 000€ en Bas de laine, c’est évidemment autant d’argent qui dort. Et qui perd de sa valeur, (nous l’avons vu). C’est de l’argent qui fait les poches aux Poncinois. Pour quoi faire ? Alimenter un Bas de laine qui vise le million d’euros ? Certes Non. Mais c’est hélas le cas à Poncins.

Pour assurer le fonctionnement de la commune, anticiper ce qui est prévisible comme l’extension de l’école, investir dans ce que sera la commune

demain, se tourner vers l’avenir, lui construire une perspective visionnaire du village, éviter le repli sur son passé, respecter ses engagements ? Telle est notre volonté. Evidemment, on est très loin du compte.

 

850 000€ en Bas de laine, c’est autant d’argent qui prive les entreprises et artisans locaux d’un travail qui leur est dû. La plupart est contraint d’en chercher ailleurs. C’est aussi l’un des vecteurs contribuant à la lutte contre le chômage. Les collectivités locales, pourvoyeurs d’emplois, ont aussi ce devoir de respect et de comportement citoyen.

 

En conclusion, le théorème inventé en 2009 a provoqué des dégâts extraordinaires et irréversibles sur le plan financier. Il appelle d’autres développements sur lesquels nous ne manquerons pas de réagir. Le Conseil Municipal a examiné les résultats de l’année 2016. C‘était le 16 mars 2017. Il a répondu à 8 délibérations successives sur l’argent des Poncinois. Aucune remarque n’est venue ponctuer la séance si bien que 12 minutes plus tard, elles étaient toutes votées à l’unanimité, le devoir accompli.

 

 

Publié dans Au FIL du Lignon

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