Un projet d’extension d’école à oublier.

Publié le par DESIR A Poncins

Bientôt la rentrée scolaire. Nous savons désormais qu’elle se fera sans l’extension de bâtiment promise. Et c’est peut-être un mal pour un bien.

C’est peut-être un mal pour un bien tant les réactions sont vives et venant de tous les horizons. Les enseignantes, les parents d’élèves, les techniciens du bâtiment, les prévisionnistes, les financiers,…. Tous, unanimes considèrent que le projet n’est pas crédible et pourtant leur voix reste sans écho. L’élu, représentant local, lui n’entend pas ou ne veut pas entendre. Il préfère mettre la tête sous le sable … de la cour d’école, dans une position pas toujours confortable, pour n’avoir pas à s’exprimer. Ou plus précisément le devoir accompli après avoir voté 2 demandes de subvention et ….

Quant au maire, il rabâche à qui veut l’entendre qu’il est à l’écoute !

 

Dans ce contexte singulier, seule l’intelligence collective peut résoudre l’équation. Il suffit d’un peu d’écoute, d’autocritique, d’analyse et de recherche objective de LA solution, sans à priori, et ranger l’égo au rayon des souvenirs. Chiche !

 

Le projet d’extension d’école ne tient pas la route. Pourquoi ?

 

La raison essentielle est l’évidence même. L’extension du bâtiment porte sur la création d’une 5ème classe. Dans les faits, les 5 classes existent déjà, après avoir squatté la salle polyvalente. Donc il s’agit de restituer cette salle à sa vocation initiale. Mais la création d’une 6ème classe n’a rien d’hypothétique. Elle était d’ailleurs inscrite à l’ordre du jour du Conseil Supérieur Départemental de l’Education Nationale, début 2017. Pour Poncins et quelques autres communes ligériennes. Poncins n’a pas été retenu. Il le sera dans un futur proche. C’est obligé. 135 élèves en 2016, c’est limite. Les prévisions pour la rentrée prochaine sont de 136. Et après ?? … Il faut se projeter dans l’avenir. Il le faut.

Nous avons évalué la population scolaire en 2019 à 149 élèves. A ce niveau, le doute n’est plus permis. Il y aura bien création d’une 6ème classe. Retour à la case départ pour la décision d’une nouvelle extension et 2 nouvelles années pour concrétiser.

Qu’en sera-t-il ensuite ? Une chose est sûre. Le développement démographique n’est pas stoppé. Nous avons analysé en son temps les conséquences de la prolifération des Permis de Construire de ces dernières années. Ce que nous avions anticipé est aujourd’hui d’actualité. Les décideurs doivent donc assumer leurs propres décisions. Celles du passé.

Le projet d’extension à 5 classes est donc une hérésie. Il doit être revu et le porter à 6 salles de classes.

 

Autre raison qui démontre que le projet ne tient pas la route : le périmètre de l’école.

A périmètre constant, l’espace de liberté des enfants a été rogné au profit des salles de classes. Plus il y a d’enfants, moins ils ont d’espace. C’est une vision très poncinoise du bien-être des enfants alors que ce bien-être, nous leur devons. « Certes, qu’ils aillent au Champ de foire, ils auront tout l’espace voulu ». Cette phrase pourrait avoir valeur d’argumentation. Et bien justement, autorisons-nous cette liberté. Prélevons quelques m² pour ce qu’il y a de plus fondamental dans une commune : l’avenir de ses enfants. Cette idée n’est pas nouvelle. Elle s’est heurtée à un obstacle dont on a fait une montagne : la modification du PLU. Et le maire de déclarer à ce sujet : « c’est pas gagné ! ». De quoi renvoyer aux calendres grecques toutes décisions en ce sens. Donc, rien n’a été entrepris. Cela fait un an et demi.

 

L’école a besoin d’espace dans son périmètre et non pas son contraire. C’est pourquoi le projet doit être revu.

 

Aussi : les salles « annexes »

 

En supposant les salles de classes normalement dimensionnées, quid des salles annexes. Salles de détente, expression corporelle, étude, lecture et …. Les Temps d’Activité Périscolaires ont démontré leurs manquements et insuffisances. Le retour possible dans le temps à la semaine en 4 jours ne doit pas être un alibi pour ne rien entreprendre ou ne rien changer.

L’anticipation s’apprend dès le plus jeune âge et l’école en est le vecteur naturel. La réactivité n’a rien à lui envier. L’exemplarité aussi. On demande, à juste titre, aux Poncinois de ne pas laisser traîner leurs poubelles dans la rue et on oublie celles de l’école ? Elles n’ont toujours pas leur local. Pour l’extension suivante ? La gestion démocratique, également.

Tournons-nous vers l’avenir. N’attendons pas d’être mis devant le fait accompli. Cette situation était prévisible car elle est le résultat de l’action passée. Il n’y a pas eu de génération spontanée des Permis de Construire.

 

Encore : l’acoustique

L’acoustique y est insupportable. Toute ressemblance avec la salle communale serait-elle fortuite ? Elle met l’enseignant à bout de nerf et est contraire aux règles d’hygiène de sécurité et de conditions de travail. Quant aux enfants, eux-mêmes victimes de leurs propres décibels, on leur impose un monde digne de « Les temps modernes » et en retour le risque d’un rejet ou le dégout définitif pour l’école. Réponse du maire : « mettre des fleurs, du mobilier, ... ». En guise de solution et …, sans humour. C’est peut-être la solution trouvée pour la maison communale. Attention ! Il se pourrait qu’on arrive à une conclusion identique : une porte close et une pancarte : Privé !

 

Et encore : un WC dans la salle de classes.

Une salle WC intégrée à la salle de classes, c’est une curiosité. Mais soyez rassurés, les élèves d’autres classes y auront accès. En traversant la dite classe. Quoiqu’il en soit, la cuvette déterminera son affectation. Pour les petits ou pour les grands. Question de taille. Ce n’est pas anodin ....

Décidément, si la curiosité des WC de la maison communale vaut le détour, celle de l’école pourrait rapidement lui faire concurrence.

 

Et encore et encore : un revêtement en sable dans la cour.

Les parents réclament un revêtement adapté au XXIème siècle. Ils insistent depuis des lustres. Le sable appartient au paysage, tout comme les WC extérieurs. Mais les WC seront supprimés, pour faire plaisir aux parents d’élèves. A moins que ce soit pour éviter un possible rejet de la commission d’hygiène ! Alors pourquoi pas le revêtement ?

 

Et encore et toujours : Le parking

Le maire a été très clair : pas question !! Il est vrai que, jusqu’alors, on a su fonctionner sans. Alors …. On oublie seulement de préciser qu’à l’époque, les véhicules …. Le monde change. Tout le monde ?

 

Et enfin : le coût :

233 000€ pour l’extension d’une classe avec plus de contraintes que de solutions. C’est 233€ par habitant. C’est un investissement important qui s’annonce catastrophique. Catastrophique pour qui ? Pour les enfants, à qui on va offrir des conditions d’étude et un exemple déplorables. Pour les parents, à qui on impose des solutions irréalistes et aux enjeux très éloignés de leurs aspirations. Pour les enseignantes et le personnel qui voient leurs efforts anéantis par une obstination irraisonnée. Pour Poncins car l’école est la vitrine du village. Pour les Poncinois qui mettrons la main à la poche.

 

En conclusion, nous déclarons solennellement que ce projet ne tient pas la route. Il est encore temps d’en changer. Il suffit d’un peu d’humilité et surtout de bonne volonté.

Publié dans Au FIL du Lignon

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