Expulsion et fuite jusque Varennes.

Publié le par Roger SAINT POL

Expulsion et fuite jusque Varennes.

Il avait dit « je ne lui ferai pas de cadeau ». Promesse tenue. Le maire de Poncins sélectionne les questions orales de ce conseiller. Les n° 1 et 2, ça va. Les 3,4 et 5 : c’est trop. Il n’en peut plus de ces questions. D’ailleurs, en temps ordinaire, c’est lui qui les pose et qui fait les réponses. Mais il y a eu ce maudit Règlement Intérieur. « Les membres du conseil peuvent exposer en séance du conseil des questions orales ayant trait aux affaires de la commune. » Une formulation à l’emporte-pièce qui ne les oblige en rien. Car à Poncins, poser une question, c’est comme l’éclair dans la nuit. Souvent après, gronde le tonnerre. Et ce n’est pas lui qui fait venir l’aurore. Sauf en situation géostationnaire. Nous n’en sommes pas là. Pas encore.

Ils « peuvent ». Ils osent. En février dernier, premier coup de semonce. La censure ! Pas de questions orales ! Miraculeusement rétablies à la séance suivante. Explication : les jours francs (ou pas). Du genre : le jour, c’est pas la nuit. Franchement !

Premier coup de semonce ? Pas tout à fait. En novembre 2020, ce même conseiller municipal se voit couper la parole, menaces à l’appui. Pour avoir signalé la non-application de la loi à la Délibération n°19-11-2020-11. Incident qui ne figure pas au compte-rendu

 

Autre figure de style, « il est conseillé de ne pas accueillir de public » (à l’ordre du jour). En juin, le public est constitué d’une personne unique. D’un point de vue spécifiquement numérique, elle pourrait prendre la place du conseiller absent. Sur le plan sanitaire, l’ordonnance n°2020-562 du 13 mai 2020, ne fait pas défaut. Pourtant le maire, d’un huis clos surprise, fait expulser le public. De nombreux Poncinois s’indignent. Parmi eux, un ancien conseiller municipal dont on n’a pas renouvelé le mandat. Le motif ? Ce sera pour les Questions orales. A la séance suivante, bien sûr. Comme pour les jours francs (ou pas).

« Pouvez-vous expliquer le motif de ce huis-clos …?», une question bien légitime dès lors qu’elle n’a pas été traitée, et afin de rassurer nos concitoyens. La réponse : « A la réunion du 1er juin, le huis clos a été voté par 10 voix pour ». Le motif n’est pas révélé et donc les 10 élus qui se sont prononcés pour « La gifle de la main de Dieu » (notre chronique du 13 juin) ne savent ni pourquoi, ni comment. Et nos concitoyens n’ont d’autres alternatives que d’accréditer la théorie du règlement de compte après les évènements de 2017. « Ne perdons rien du passé…. »

 

Question orale suivante : le chemin des Varennes goudronné en dehors du programme voirie. Nous en avions fait ce terrible jeu de mot : « Varennes, de quoi perdre la tête » en décembre dernier. A défaut de la faire perdre, elle les fait tourner. En juin, le maire se contentait de : « Le contrôle des factures s’effectue par la Trésorerie et non par le conseil municipal. » Intéressant, mais ne répond pas à la question posée. Elle fait référence à : «Après délibération et vote à l’unanimité, le conseil municipal autorise Monsieur le Maire à lancer la consultation des entreprises pour les travaux de voirie et à signer toutes les pièces et le marché correspondant à l’issue de la dite consultation. (Délibération n°16-06-2020-11) », en date du 16 juin 2020. Et dont voici le « Programme voirie 2020 …

  • Chemin du Lavoir : 31 403€
  • Chemin de Rampeau : 38 624€
  • Chemin de la Tuilière : 39 566€

Soit un total de 109 593€ HT dont 40 031€ de subvention par le Conseil Départemental»

Rien sur le Chemin des Varennes. D’où la question : c’est quoi, ça vient de où ? Un citoyen, et à plus forte raison un élu, est en droit de poser la question. Alors quand le maire plaide « Le contrôle des factures s’effectue par la Trésorerie et non par le conseil municipal. », il s’en sort en jouant l’imbécile. Qui contrôle le respect des décisions du CM ? Qui s’assure du respect des normes techniques ? Quid de l’aspect budgétaire ? Le réalisé voirie n’est-il pas de 193 102,2€  pour une prévision à 109 593€ HT ? Et un déficit en investissement jamais atteint en 3 décennies. De quoi s’interroger. Idem, quel est le montant de la participation du Conseil Départemental ? La prévision était annoncée à 40 031€.

A ces questions orales, le maire a eu au moins 3 jours francs (ou pas) pour préparer son argumentaire. Voici sa  « Réponse :

La réponse a été apportée à la réunion du mardi 1er juin.

Les questions N°3, N°4 et N°5 n’ont pas été posées. » 

 

Le refus de répondre est manifeste. Pratiquement toutes les questions sont sans réponse. Et brutalement cette déclaration : « Les questions N°3, N°4 et N°5 n’ont pas été posées. »  Une nouvelle question : pourquoi ? Peut-être pour la prochaine fois.

 

Les Questions orales, c’est un peu comme les questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale. Sauf qu’ici le maire cumule toutes les fonctions : Premier Ministre, Ministre, Président (de la chambre, …), avec pour doctrine « Ici, je fais ce que je veux ». Jusqu’alors, jamais une question n’a été assortie de telles réponses. Mais nous sommes sur le plancher des vaches à Poncins. Et la presse se tait.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article