« On cohabite beaucoup à 30 à l’heure. » Provocateur ?

Publié le par Roger SAINT POL

« On cohabite beaucoup à 30 à l’heure. » Provocateur ?

3 accidents de la route graves en 2 semaines (14, 20 et 26 juin). Ils auraient mérités un examen approfondi en réunion de CM. Ce ne fut pas le cas. Heureusement, une conseillère veillait au grain. Elle rétablit cette lacune grâce aux questions orales.

« Réponse :

Tout d’abord la sécurité est liée au comportement de chacun d’entre nous. L’aménagement du carrefour de la cure est prévu dans l’aménagement du bourg. Par ailleurs, afin de partager l’espace de circulation entre les différents utilisateurs, une limitation de vitesse à 30 Km/h est prévue dans l’agglomération (panneau d’entrée à panneau de sortie). »

 

Tout d’abord, nous présentons nos vœux de rétablissement aux victimes et notre sympathie à leur famille. Bien sûr, nous partageons entièrement la réflexion du maire : «la sécurité est liée au comportement de chacun d’entre nous ». Le comportement de l’usager, c’est sa capacité à respecter le code  de la route. Hors, au carrefour dit de la cure, respecter les 50 Km/h, c’est jouer à la roulette russe. La mairie en a-t-elle pris conscience ? Quelques jours après l’accident, les 3 inséparables gesticulent ostensiblement sur les lieux de l’impact. Pour alimenter le rapport d’accident ?

 

En 2014, les candidats de la liste DESIR A Poncins alertent la population des risques encourus par les enfants et leurs accompagnants pour se rendre à l’école. Notre Blog avec ce titre « SECURITE –Tango poncinois » et photos à l’appui, le 26 janvier 2014 et ces mots : « En voiture à Poncins, la traversée du bourg, c'est souvent hasardeux ... Alors, une réflexion globale sur l'aménagement des circulations, c'est indispensable et urgent ! Un pas en avant, deux pas en arrière, et trois pas sur le côté... au milieu du carrefour pour corser le tout ! Et encore, ce ne sont que des voitures... imaginez le même scénario avec un car ou un camion.... » Manque le tracteur ! Nombreux sont ceux qui, tout au long du mandat dernier ont alimenté la rubrique dangerosité locale et parfois ses révélations au CM. Les Rôties pour les scolaires. Rampeau pour l’étroitesse de la voie par rapport à la densité de circulation malgré la remise en l’état. Et cette question : quelle largeur le tapis ? La Croix Blanche jouant la girouette et le maire qui renchérissait: « lorsqu’un véhicule vient de chez M Zaggario et que l’autre veut s’y rendre depuis la D60, il est impossible que cette manœuvre se déroule normalement. Il faut compter sur la bonne volonté des acteurs. La circulation s’arrête sur la D60.». La côte du cimetière où le maire en personne doit se ranger jusque dans l’accès des riverains afin de permettre le croisement. Et cette conclusion peu rassurante des élus en 2017 : « le danger est partout dans le village ». Cf. nos multiples chroniques.

Plus en amont, à la demande de la population, une réunion a été organisée à l’Olme pour décider de mesures sécuritaires sur la D60. Elles s’arrêtent aux limites des 2 communes. La commune de Poncins n’était pas présente, prétextant une convocation peu conforme à la bienséance. A chacun ses priorités.

 

Aujourd’hui, la donne est changée. Il y a eu ce 14 juin fatidique. Suivi de ces propositions. Dont une relatée au compte rendu : « 30 Km/h dans l’agglomération ». Enfin dirons-nous pour les 30 Km/h. Mais n’est-ce pas passer d’un extrême à l’autre en impliquant toute l’agglomération ? En tous cas, c’est mieux que de ne rien faire.  Souvenons-nous de cette interview du maire sur France Bleue : « Vous, vous aimeriez faire quoi ? Un peu de piétonisation ?

Tout à fait, rendre la vie dans le bourg très agréable. Alors si j’étais un peu provocateur, je dirais que abaisser la vitesse à 30 à l’heure dans nos bourgs, ce serait une très bonne chose parce qu’on cohabite beaucoup à 30 à l’heure et on perd quelques secondes pour traverser le bourg.

Et les vélos ?                             

Et les vélos, ils cohabitent, ils pourront, ils pourraient cohabiter bien avec les voitures, avec piétons avec les landaus, avec les rollers, avec les engins agricole, avec les camions, avec tout. »

C’était en avril 2018. Il y a plus de 3 ans ! No comment !

 

En séance, il est aussi question d’écluses ou de voies de passages alternés. Et les vieux démons reviennent. Le maire qui trouve les autres systèmes plus pénalisants éclipse ses propres choix. Avant d’obliquer vers leurs positionnements d’une précision quasi diabolique. Incollable ! Il démontre ainsi sa parfaite maîtrise de la situation. Jusqu’à cette question : quand seront installés les panneaux 30 Km/h ? Brutalement, on est passé des certitudes à la fébrilité. Il faudra du temps !

 

Ces conclusions font référence à une étude, sans autre précision. Peut-être sur place, aux jours qui ont suivi l’accident. Autre piste donnée par le maire « L’aménagement du carrefour de la cure est prévu dans l’aménagement du bourg. »

« L’aménagement du carrefour de la cure est prévu dans l’aménagement du bourg. »

Cela nous renvoie à un méli-mélo qui a démarré en janvier 2013 avec le CoCA, devenu EAGB en 2016 pour disparaître en 2017, ressusciter fin 2018 et sombrer dans l’oubli depuis. Bientôt 3 ans ! Sans doute que Monsieur le maire n’a pas jugé intéressant d’évoquer cette question aux élus. Sauf à huis clos, peut-être.

 

En conclusion, tous les avertissements sur la sécurité des personnes n’auront servi à rien. L’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes est hélas tombée. Il y a des victimes. La mairie se défend en pointant un doigt accusateur sur « nos » comportements et décide les 30 Km/h comme on sort le parapluie. Non le comportement n’est pas seul responsable. S’il est indéniable, les mesures annoncées font nécessité. Des mesures pertinentes ? Possible. Mais sans une réflexion approfondie, collective il n’y aura jamais la certitude que le maximum a été fait. Cette fois encore le CM aura été tenu à l’écart du processus décisionnel. Il aura fallu la vigilance d’une élue pour éclairer ses collègues et nos concitoyens.

 

Pour clore sur une note moins tragique, laissons la parole au maire pour sa conclusion lors de son interview à France Bleue en avril 2018. « On est dans une période où on veut des choses assez rapidement et nous devons faire preuve de pédagogie pour expliquer qu’on ne peut pas tout faire, tout en même temps,  qu’il faut faire des échéanciers et je crois qu’il faut avoir l’honnêteté et parfois un peu de courage pour expliquer que c’est certainement une bonne demande mais qu’on ne peut la satisfaire tout de suite. Il ne faut jamais hésiter à expliquer aux gens. »

 

 

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