L’élu bâillonné.

Publié le par Roger SAINT POL

La boussole

La boussole

Les prévisions de notre article « Muselé », sont en tous points conformes aux résultats de la réunion de CM. Un peu moins sur la faute de rédaction. Nous nous en excusons.

 

Au haut de l’affiche : « Modification du Règlement Intérieur ». Relève plus du théâtre de Boulevard que d’une séance de conseil municipal. D’entrée, les portes claquent. « Monsieur Jérôme BAS quitte le conseil à 21H05 suite aux propos indécents de Monsieur BURNOD. » La fracture locale donne de la voix. La supposée victime met l’adversaire à l’index. Adversaire ou ennemi, on ne sait plus. Celui qualifié d’ « erreur de casting » assorti de cette menace publique : « je ne ferai pas de cadeau », en déclarations indécentes, par un 1er magistrat revanchard. Présentement, il a d’autres chats à fouetter.

Il est 21H05. On en est au 7ème point de l’ordre du jour. Les précédents ont été, selon l’usage, expéditifs. « Modification du règlement intérieur » prendra plus de temps. C’est le titre de l’ordre du jour. « … Il est proposé de modifier l’article 5 sur le droit d’expression des élus ». C’est l’entrée en matière. Sans préambule. Imaginons maintenant la même scène au Congrès des maires. Le Président de la République déclare : « Il est proposé de modifier le droit d’expression des élus ». Inimaginable ! Même en pays totalitaires, ils n’auraient pas osé ! Mais à Poncins, c’est … le théâtre de Boulevard. La suite : « Afin d’éviter les dérives que nous connaissons et que des lecteurs du bulletin municipal nous ont fait remarquer. Des questions de 3 ou 4 pages alors que la réponse fait 1 ou 2 lignes » Le compte rendu se veut plus nuancé, moins … indécent ! « Suite à de trop nombreuses questions orales … ».

Eh bien, nous y voilà. La faute aux questions orales. Incompatibles avec « Ici, je fais ce que je veux ». Alliance de l’eau et du feu. Le maire croyait naïvement l’emporter. Mais les Poncinois ne sont pas dupes. Ils ont compris la manœuvre. Gavés à coup de « Nous avons déjà répondu à la question », « C’est pas nous », ou une réponse à la question qui n’est pas posée, ils n’en peuvent plus. Ils n’en veulent plus. Qu’importe la défausse, seule la question est digne d’intérêts. Et ça, ce n’est pas vraiment ce que le maire avait prévu. Il en fait ces « dérives ». La solution ? Le retour à ce bon vieux temps qu’on ne veut pas perdre. Pas de question, pas de réponse, pas de dérive. Ah, ce maudit RI.

 

Donc des lecteurs du Bulletin Municipal auraient remarqué des questions de 3 ou 4 pages. Même après avoir allongé un max les comptes rendus, la mairie n’y est pas parvenue. Peut-être confondent-ils avec « l’information (un tantinet relou) suite au jugement du Tribunal Administratif » sur lequel nous nous sommes exprimés (Tribune de Tribunal). 5 pages et demi de jubilation à l’actif du maire.

Quant aux lecteurs de nos chroniques, ils ont fait le choix du factuel par opposition à la fiction, de la vérité par opposition aux check news et mensonges éhontés, de l’argumentation par opposition à l’évitement, de l’empathie par opposition au mépris ou ségrégation, de la transparence par opposition à l’opacité, du respect de la Loi par opposition à « Ici, je fais ce que je veux », des réponses par opposition au mutisme et silence. Certes, 1 ou 2 lignes peuvent suffire. Si réponse il y a.

 

« … modifier l’article 5 sur le droit d’expression des élus » … « Limiter le droit d’expression des élus » serait plus approprié. Diagnostic : les questions orales posées par les élus dérangent. Le maire refuse d’y répondre. Nouvelle question. Nouveau refus …. Plus de question, plus de réponse ! « Non, mais qu’est-ce que c’est que ce boulot ! » disait le maire à ce sujet.

Exemple, le CM vote une délibération de voiries. Elle n’est pas respectée. Un élu pose la question du pourquoi. La réponse ? Euh !! Pas de réponse. Il repose la question. Toujours pas de réponse. Il repose …. Stop !! La question a déjà été posée ! Cette situation n’est pas une fiction. C’est la question N°3 de Monsieur Burnod. La question a déjà été posée. Elle ne peut plus l’être ! Plus de question, plus de problème !

 

Ce qui est caché restera définitivement caché. Et c’est bien là l’intention. L’élu, relégué à potiche de service, en fait les frais. Pour l’opposition, c’est l’évidence. Elle ne peut se contenter de pleurnicher et doit montrer sa capacité à réagir. La majorité, elle doit prendre conscience de sa responsabilité. Elle a donné les pleins pouvoirs à un homme qui lui a offert un bâillon. Il faudra assumer. Au niveau d’un pays, cela porte un nom : le coup d’Etat.

 

Il faudra assumer si les choses restent en l’état. Rien n’est moins sûr. Il n’est en effet pas possible qu’en une même main soit concentrés tous les leviers décisionnels et placent l’élu municipal au rang de spectateur sur un strapontin de fortune. Un simple exemple. Qui va décider du sort d’une question : « abordée » ou pas ? Le même pouvoir que celui qui s’accommode des règles du jeu, les modifie en cours de partie, arbitre ses propres choix, entrave le droit d’expression et maîtrise l’information, pour ne plus à avoir à prononcer « nous avons déjà répondu à la question » ?

 

Après « Muselé », nous faisons un nouveau pronostic. Celui de la raison : l’invalidation de la Délibération n° 09-09-2021-5. Elle ne se fera pas toute seule.

 

 

 

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