Caillou dans la chaussure de la commune.

Publié le par Roger SAINT POL

Le caillou aux couleurs d'automne

Le caillou aux couleurs d'automne

Ce gros caillou, sur la place de l’église, tente d’émerger du massif floral qui l’engloutit de ses fanes saisonnières. Ce caillou que d’aucuns osent nommer « monument aux morts », avec guillemets pour cacher l’usurpation d’un vocabulaire introuvable. Stèle en 2019 ou place de l’église en 2021, sur le site de la mairie, pour éviter de lâcher le mot qui fâche.

 

Usurpateur de l’officiel Monument aux Morts, érigé au lendemain de l’hécatombe de 14-18 au cimetière de la commune, sous l’autorité de personnages illustres, tels Charles Beauverie. Tous alors, s’accordaient pour honorer la mémoire de ceux qui avaient été fauchés dans la fleur de l’âge. De l’honorer avec brio. Le curé de Moingt, Jean Louis Breuil, clouant le bec aux plus timorés : « Avec 5 ou 6 000F, on ne peut élever sur une place publique qu’un monument mesquin, ridicule, qu’une borne pour les chiens. » Les temps changent. A Poncins, aujourd’hui, les chiens ne s’y abaisseraient pas

 

Cette année le gros caillou sera à nouveau le théâtre de la cérémonie de l’armistice 1918. Et avec lui, un nouveau pied de nez aux victimes de toutes les guerres et plus particulièrement celles de 14 - 18. Le Monument érigé spécialement en leurs noms sera ignoré et ainsi que les 46 Poncinois (au moins) qui ont fait don de leur vie. Tous méritent la reconnaissance nationale. A Poncins, celle du jour férié et du m’as-tu vu. Aucun regard ne se détournera pour se poser sur leurs noms inscrits en lettres d’or et soumis à l’épreuve du temps.

 

Alors, honorer ceux qui, depuis, ont traversé les douloureuses épreuves de l’Histoire n’a de sens que si la manifestation est chargée de symboles. Le lieu bien sûr ! Imagine-t-on une commémoration nationale ailleurs qu’à l’Arc de Triomphe ? Transférée au stade de France, ou place du Trocadéro par exemple. Et puisqu’on en est au rapport Nation - commune, extrapolons la scène de 2019. Nous sommes à Paris. Le Maître de cérémonie, Président de la République remet les médailles. L’une d’elle lui résiste. Il insiste. Elle lui échappe et roule dans le caniveau. On vérifie qu’elle n’a pas trop ramassé la poussière. On réessaye. C’est toujours compliqué. Il faut s’y mettre à plusieurs pour l’accrocher. Ouf ! C’est réussi. C’est terminé. Pas tout à fait. On a oublié le discours de clôture. On reprend. Photos et direction … de quoi se remettre de ces émotions. La différence, Paris n’est pas Poncins. Cette scène n’est hélas pas le plagia d’un mauvais Laurel et Hardy (ne rien perdre du passé). Les circonstances ont empêché les éclats de rire par trop décalés. Néanmoins certains n’ont pu retenir quelques pouffements étouffés. Peut-être aussi de ceux à qui, là-haut, on volait leur cérémonie. Et détenaient ainsi leur revanche

 

Les breloqués ? Le breloqué Stan Laurel a mal vécu l’épisode. Oliver Hardy n’est pas en reste. Tous 2 sont inséparables dans cette aventure.

 

Personne n’aurait pu imagier un tel scénario. Ce que sera le 11 novembre 2021 ? Nul ne sait. Seule certitude, du passé, on a perdu le sens originel de la commémoration : Commémorer le 11 novembre 1918.

 

Le Monument aux Morts le 11 novembre 2020 en fin de journée

Le Monument aux Morts le 11 novembre 2020 en fin de journée

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