Sage décision du Conseil Municipal qui éclaire le ciel de Poncins.
« Pour l’école, il est très facile de calculer les économies réalisées car son utilisation (la télégestion), bien que ponctuée par les vacances et week-end reste prévisible. Depuis 2013, chaque année, nous allégeons la facture de chauffage de 3 300€. » Ces lignes illustrent les bienfaits de « la gestion intelligente des bâtiments publics » dans la revue du SIEL datée de décembre 2017. Elles s’appliquent à l’école. Le sujet est sérieux. L’auteur l’aborde sous l’angle pédagogique et scolaire, calcul à l’appui. Il privilégie l’économie, excluant de fait l’aspect environnemental et écologique avant d’apporter sa touche humoristique du chauffage pendant les vacances. On en oublierait presque la chute. Une facture réduite de 3 300€, chaque année. A ce niveau, plus personne ne sourit. La formulation du « nous » qui ne désigne personne et qui protège tout le monde met un terme définitif à l’énigme : le maire de Poncins est bien l’auteur de ce bon « Mot ».
Ces 3 300€ d’économie, chaque année, pour l’école, auraient bien de quoi décider les plus réfractaires mais aussi les plus crédules. Une économie de 3 300€, c’est une somme, mais n’est significative que si elle est rapportée à la consommation totale. Présentement, la précision n’est pas donnée. S’en tenir au seul indice communiqué : le chauffage durant les vacances … est assez déroutant. Les comptes de résultats annuels précisent que les charges en Energie Electricité de toute la commune sont d’environ 23 000€. Les 3 300€ sont relatifs à l’allègement de l’école. C’est curieux, l’histogramme des charges en électricité ci-dessous montrent le contraire. L’année 2016 permet tout juste de retrouver le niveau de 2007.
Poursuivons la lecture « Le SIEL prévoyait un retour sur investissement en sept ans, ce fut en réalité, fait en quatre ans. » Cette révélation aiguise notre curiosité. Nouvelle recherche pour connaître le montant des investissements. Pas de trace. Probablement une question d’affectation. Donc aucun moyen de contrôle pour la commune. Mais un mauvais point pour le SIEL qui, en tout état de cause, a mal apprécié un dossier qu’il est censé parfaitement maîtriser.
Globalement, on se dit qu’un retour sur investissement sur 4 ans avec une économie annuelle de 3300€ pourrait représenter un investissement de 13 200€. C’est plus que le 10 000€ annoncé par le SIEL (voir la fin de ce texte). Mais cette déduction est totalement hypothétique.
Le suspense devient paroxysmique. Poursuivons l’enquête. « En 2014, la nouvelle salle des fêtes était aussi télé gérée. Nous estimons à 50% l’économie d’énergie, à pondérer avec la fréquence très aléatoire du complexe selon les années ». Donc il y avait encore du grain à moudre et c’est à peu près conforme au Mot du Maire dans son Bulletin Municipal de début 2016. « La télégestion du chauffage des salles communales est en service, permettant ainsi d’optimiser le chauffage : « on ne chauffe » que lorsque les salles sont occupées ! ». (Dixit le maire).
Ainsi donc il aura fallu la télégestion pour ne chauffer que quand les salles sont occupées tout comme pour l’école qui ne doit pas chauffer durant les vacances. Grâce à cela, l’école permet 3 300€ d’économies par an et la salle des fêtes 50% (!!) de …. Ce n’est pas précisé. Et c’est une estimation. Pour 2016, la baisse est de 7000€ par rapport à l’année précédente. Le total ne serait-il pas de 10 300€ par an ?
Cela étant, nous sommes sensibles aux nuances apportées d’une pondération « avec la fréquence très aléatoire du complexe selon les années » pour la dite salle des fêtes ou si elle est « ponctuée par les vacances et week-end …» pour l’école.
Après cette brillante démonstration, il faut une conclusion. La voici sous forme de leçon : « Attention cependant à bien sensibiliser les usagers des bâtiments car il faut que les radiateurs restent bien ouverts. Sinon la télégestion ne peut rien faire à distance ». Une sage précaution !
Ci-joint le document en question.
Le Conseil Municipal, le 19 décembre 2017, décide de donner un prolongement (involontaire ?) en votant à l’unanimité la délibération suivante :
« Adhésion au Service d’Assistance à la Gestion Energétique (SAGE)
Monsieur le Maire expose au Conseil Municipal qu’il y a lieu de délibérer pour demander au SIEL d’assister la commune dans la gestion énergétique de son patrimoine.
Les modalités d’intervention du SIEL se composent en deux parties
- une aide à la gestion des consommations des bâtiments publics
- une aide à la mise en œuvre des solutions techniques
Le conseil municipal décide, à l’unanimité, d’adhérer au service d’assistance à la gestion énergétique et autorise Monsieur le Maire à signer toutes pièces à intervenir
Délibération N° 19-12-2017-2 »
Monsieur le Maire, dans son exposé, en oublie le montant financier. Il oublie également de préciser que, pour une bonne utilisation du matériel installé, il n’y a pas d’autre choix que d’adhérer pour réparer l’absence, somme toute vraisemblable de contractualisation au départ.
Cette délibération N°19-12-2017-2 fait suite à la délibération du 19 mai 2014, elle-même votée à l’unanimité et dont voici le contenu :
« Cession des certificats d’Economie d’Energie au SIEL
Délibération N° 19-05-2014-1
Monsieur le maire expose au conseil municipal que dans le cadre de la rénovation de la salle communale, ces travaux potentiellement générateurs de Certificats d’Economie d’Energie (CEE), le dépôt et la vente des CEE correspondants peuvent être assurés par le Syndicat Intercommunal des Energies de la Loire (SIEL).
Le conseil municipal accepte à l’unanimité la convention pour le transfert de ces CEE de la commune au SIEL et charge Monsieur le maire de signer cette convention. »
Ce tour d’horizon nous ramène tout droit au point de départ et à l’article de la revue du SIEL :
« Gestion intelligente pour 100 Bâtiments publics
La télégestion est un moyen simple et efficace pour piloter les systèmes de chauffage, d’éclairage et de ventilation des bâtiments publics. Elle permet de réaliser en moyenne 25% d’économies d’énergie et jusqu’à 50% dans le cas de salle à forte intermittence d’utilisation.
Entre 5000 et 10 000€ d’investissement amortis en quelques années. »
La cohérence des chiffres semble parfaite. Jusqu’aux Comptes de résultat de la commune ? A confirmer. Dans quelques semaines, les résultats de l’année 2017 seront connus.

